LE RESPECT D’UNE PROFESSION

LE RESPECT D’UNE PROFESSION

À chaque mois, Mathieu Rousseau, coordonnateur des ligues scolaires et responsable du secteur primaire au RSEQ-QCA, aborde un sujet.

Vous pouvez réagir à ce texte par courriel au mrousseau@qca.rseq.ca. Nous publierons quelques commentaires dans la section « Discussions avec le RSEQ » du site internet du RSEQ-QCA à tous les mois.

Nous vous invitons également à nous faire part de questions ou de sujets que vous voudriez voir abordés dans cette section.

N’hésitez pas à aller voir la page Facebook du RSEQ-QCA pour suivre la discussion.


 

 

LE RESPECT D’UNE PROFESSION

Vous êtes parent d’un adolescent et vous chercher quelqu’un pour :

  • Agir comme figure d’autorité en votre absence;
  • L’accompagner dans sa passion;
  • L’accompagner dans des situations de stress;
  • Le superviser en groupe dans une période de développement social importante.

Si en plus vous savez que cette personne risque fort de passer plus de temps que vous avec votre adolescent, il y a fort à parier que vous aurez certaines exigences.

L’entraîneur répond souvent très bien à cette définition. Malheureusement, la perception de bon nombre de parents s’apparente plus à celle d’un simple animateur que d’un professionnel important et une personne significative dans la vie de leurs enfants.

 

Les valeurs

La pratique sportive constitue une opportunité idéale pour développer des attitudes et des valeurs qui pourront servir les athlètes dans bien des sphères de leur vie. Que ce soit la discipline, la persévérance, le respect ou bien d’autres, la compétition sportive offre des situations de stress, de tristesse et de joie optimales pour un apprentissage condensé de ces valeurs. Plutôt que de révéler le caractère, lorsque bien encadré, le sport peut le former. Mais pour ce faire, le jeune pratiquant devra être accompagné et les différentes aptitudes devront lui être enseignées, au même titre que les habiletés sportives. L’importance de l’entraîneur dans le succès de la pratique sportive va donc bien au-delà de la simple performance sportive.

 

L’intégrité physique

L’entraîneur devra bien encadrer le développement physique des jeunes sous sa supervision afin de leur permettre de progresser. Les connaissances nécessaires pour ce faire sont d’autant plus importantes pour un entraîneur supervisant des jeunes en croissance afin de bien adapter sa pratique au stade de chacun de ses athlètes.

Au-delà de la progression de ses athlètes, l’entraîneur a une responsabilité primordiale, soit de protéger l’intégrité physique de ses athlètes. Jamais un athlète ne doit subir de préjudices physiques suite à une erreur de l’entraîneur ou à son incapacité d’agir.

Il va donc sans dire qu’un entraîneur ne disposant pas des outils adéquats pour superviser de jeunes athlètes lors d’efforts physiques soutenus risque de :

  • Engendrer des blessures chez ses athlètes;
  • Ne pas pouvoir détecter et gérer ces blessures convenablement;
  • Être responsable de problèmes physiques à long terme chez des jeunes qui avaient confiance en ses capacités.

 

Les imprévus

L’entraîneur doit également être outillé afin de répondre aux différents besoins psychologiques que les jeunes pourront manifester lors de leur pratique. Que ce soit une confidence sérieuse, un conflit, une gestion de stress, une problématique familiale, ou autres, nombreux sont les entraîneurs qui doivent composer avec ces situations dans une année.

L’entraîneur est souvent placé dans une situation privilégiée pour détecter certains problèmes d’ordre psychologiques chez les athlètes et il devra agir dans ces situations. La réponse fournie pourra teinter l’expérience du jeune athlète au-delà du sport, surtout si elle est inadéquate.

Il devra donc avoir suffisamment d’outils pour réagir convenablement dans les limites de ses capacités. Il pourra choisir d’aborder le problème de front, de tenter de trouver de l’aide externe ou simplement d’éveiller les parents à la situation mais jamais il ne pourra ignorer ces situations. Encore une fois, une réponse ou une gestion inappropriée, surtout chez les adolescents, peut avoir des conséquences regrettables.

 

Professionnalisme

L’entraîneur est donc une personne influente, placée en autorité, dont les erreurs pourraient placer en situation de risque de jeunes adolescents sous sa responsabilité. Par conséquent, il doit être traité en professionnel et en présenter les qualités.

Dans certaines disciplines, il est dommage de voir la pratique sportive de jeunes énergiques et motivés limitée par le manque d’intervenants. Par contre, cette rareté ne peut pas être une excuse pour permettre de traiter un métier comme un simple passe-temps. Les implications sont trop importantes et les risques trop grands.

L’ennui avec ce travail est que, lorsqu’il est fait de façon exemplaire, les jeunes pratiquants en retirent ce que tous s’attendaient à les voir acquérir. Le travail accompli passera donc sous silence puisqu’on prête souvent ces bénéfices au sport directement et non pas au travail de l’entraîneur.

Par contre, lorsqu’il est mal fait, les dommages peuvent être bien grands, même si perceptibles seulement à moyen ou long terme.

La pénurie d’entraîneurs ne devrait pas être une occasion d’abaisser les exigences face à ce rôle, mais plutôt une occasion en or de se pencher sur les mécanismes de formation de personnes motivées. Il appartient à chacun de s’assurer que les personnes en places puissent nourrir et transmettre leur passion en recevant un encadrement adéquat et des outils leur permettant de s’acquitter de leurs tâches le mieux possible pour le bien des jeunes qu’ils supervisent.

Mais surtout, il appartient à tous les entraîneurs et futurs entraîneurs de traiter leur profession avec tout le professionnalisme et le respect qu’elle demande. Il s’agit simplement d’appliquer une des premières leçons de la pratique sportive : Le respect ne se demande pas, il se mérite.

 

 

 

Par Mathieu Rousseau du RSEQ-QCA

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