Le sport nuirait-il aux études? Mythe ou réalité.

Le sport nuirait-il aux études? Mythe ou réalité.

À chaque mois, Mathieu Rousseau, coordonnateur des ligues scolaires et responsable du secteur primaire au RSEQ-QCA, aborde un sujet.

Vous pouvez réagir à ce texte par courriel au mrousseau@qca.rseq.ca. Nous publierons quelques commentaires dans la section « Discussions avec le RSEQ » du site internet du RSEQ-QCA à tous les mois.

Nous vous invitons également à nous faire part de questions ou de sujets que vous voudriez voir abordés dans cette section.

N’hésitez pas à aller voir la page Facebook du RSEQ-QCA pour suivre la discussion.


 

1er décembre 2014

Pourquoi un élève prend-il la décision de mettre un terme à sa carrière sportive afin de se « concentrer sur ses études »?

Pourquoi des parents qui s’inquiètent des résultats académiques de leur jeune fille, décident-ils de suspendre sa participation dans l’équipe de rugby du collège?

Pourquoi identifier systématiquement le sport comme premier responsable des difficultés scolaires?

Se pourrait-il qu’un vieux préjugé, malencontreusement construit sur une accumulation d’anecdotes, puisse nous éloigner à ce point de la réalité?

Mais au-delà des clichés, que dit la science?

Les effets de l’activité physique sur l’apprentissage

Les effets de l’activité physique sur l’apprentissage sont de plus en plus étudiés et l’écrasante majorité des recherches concluent que les élèves en meilleure santé présentent une capacité d’apprentissage accrue.

À court terme, l’activité physique aide à réduire le stress et améliore la mémoire. En augmentant les niveaux de dopamine et de sérotonine du cerveau, deux hormones jouant un rôle crucial dans ces processus, l’activité physique place ses pratiquants dans de meilleures dispositions face à l’apprentissage.

À long terme, les effets sont nombreux. Au-delà des effets sur la mémoire, l’activité physique régulière favoriserait également la récupération des informations dans la mémoire. Une consolidation des apprentissages plus efficace et une meilleure plasticité du cerveau (sa capacité à se modifier physiquement en fonction des expériences) feraient aussi partie des bénéfices de cette pratique. Toutes ces découvertes tendent à expliquer des résultats académiques plus élevés et une meilleure capacité d’apprentissage chez les jeunes athlètes.

La confiance en soi, sujet d’actualité en milieu scolaire s’il en est un, se verra également positivement influencée par l’activité physique. De nombreux succès personnels, un certain sentiment d’accomplissement et une vie sociale fleurissante sauront retourner aux élèves une image positive d’eux-mêmes qui se traduira en un sentiment de confiance face aux défis qui se présenteront devant eux.

L’impact du sport pratiqué à l’école

Outre ces bénéfices de l’activité physique, quel intérêt y a-t-il à pratiquer un sport en milieu scolaire?

L’augmentation du sentiment d’appartenance à l’école représente assurément le principal bénéfice de la pratique du sport interscolaire. De ce sentiment découleront une implication accrue dans son milieu, une meilleure assiduité à l’école et, globalement, une plus grande persévérance scolaire. Des effets non négligeables pour bon nombre d’élèves présentant de moins bonnes dispositions pour un parcours scolaire standard.

Plusieurs études tendent aussi à démontrer les bienfaits des activités parascolaires sur les notes des élèves. Cette influence positive s’expliquerait notamment par un meilleur apprentissage de la gestion du temps à l’intérieur du cheminement scolaire. L’élève faisant face à un horaire plus chargé n’aura d’autre choix que de maximiser son temps. Un bon encadrement en milieu scolaire par des intervenants qui le côtoient régulièrement lui permettra d’acquérir des outils et une capacité d’organisation qui lui seront bénéfiques tout au long de sa vie.

Alors, qu’est-ce qu’on fait?

En ces temps de compressions où le souci d’efficacité fait appel à la créativité de tous, quelle est la place du sport interscolaire dans ces réflexions?

Imaginons un instant qu’un comprimé synthétique reproductible en laboratoire présente ne serait-ce que la moitié des avantages du sport sur les résultats académiques. L’ampleur de la campagne publicitaire déployée par les tenants du brevet pour convaincre tout un chacun de l’importance de ce supplément dans la vie de tous les élèves ne laisserait personne indifférent.

Le sport ne se consomme pas en comprimés et personne ne peut prétendre en breveter l’application, mais les effets sont bien réels. Devant l’absence de profits potentiels pour une compagnie pharmaceutique, doit-on en ignorer les bénéfices?

Et si écoles et commissions scolaires se donnaient les moyens de mener cette campagne? Quels en seraient les profits pour les élèves, pour les établissements et pour la société?

Il nous appartient de briser les préjugés qui nous éloignent du bien commun. Voyons au-delà de ces derniers et présentons le sport pour ce qu’il est réellement : un outil indispensable et unique pour la réussite scolaire de plusieurs dont aucun établissement ne devrait faire l’économie. C’est moins dispendieux que bien des comprimés…

 

 

 

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